Reconnaître les signes du burn-out

Le burn-out, ou épuisement professionnel, c’est souvent insidieux : on cumule, petit à petit, beaucoup de fatigue, de stress, d’anxiété, de frustrations.
On ne repère pas forcément, tout de suite, les signes du burn-out.
On ne voit pas cette boule noire dans son quotidien grossir et prendre petit à petit toute la place : dans nos journées au travail mais aussi le soir, dans notre vie personnelle et même la nuit – dans nos rêves, nos réveils, nos insomnies.

Parfois, on finit par s’apercevoir que cela ne va plus du tout et on demande de l’aide.
Parfois, on ne s’en rend même pas compte : ce rythme est tellement devenu notre quotidien qu’il n’est plus si surprenant. On minimise. On dédramatise. On culpabilise – les choses qui ne vont pas, c’est un peu et surtout notre faute, non ? On pourrait être plus résilient. Mieux s’organiser pour finir tous ces dossiers au travail à temps. Ne pas être aussi sensible et arrêter de pleurer entre midi et deux derrière son écran.
Bref, on perd doucement pied sans adresser le vrai problème.

Quels sont les signes du burn-out qui doivent vous alerter ? Quels sont les éléments à surveiller dans votre quotidien ?

Repérer les signes du burn-out

  • Vous travaillez beaucoup.
  • Vous vous sentez souvent stressé.
  • Vous vous sentez fatigué.
  • Vous dormez mal : vous avez du mal à vous endormir, vous vous réveillez la nuit en pensant au travail.
  • Vous vous sentez à cran.
  • Vos proches commencent à vous faire remarquer que vous êtes un peu différent, ils ne vous reconnaissent plus complètement – notamment dans vos humeurs et vos réactions.
  • Vous avez l’impression de rien faire correctement ou jamais assez bien.
  • Vous avez de plus en plus de mal à vous concentrer.
  • Vous courez après le temps, pour tout.
  • Vous n’avez pas autant d’enthousiasme que d’habitude pour vos loisirs habituels. Vous ne ressentez pas le même plaisir qu’avant quand vous arrivez à y consacrer du temps.
  • Vous vous sentez plus sensible : vous vous surprenez à pleurer (ou avoir envie de pleurer) plus souvent que d’habitude.
  • Vous culpabilisez.
  • Vous ressentez des douleurs (mal de dos, migraines, maux de ventre) ou avez le sentiment d’être très régulièrement malade (rhume, angine, tout y passe).
  • Vous trouvez que votre travail a de moins en moins de sens.
  • Vous avez l’impression d’être dans un tunnel – et vous n’en voyez pas la fin.

Ces signes ne vous parlent peut-être pas tous. Et ceux que vous reconnaissez sont sûrement arrivés petit à petit. Peut-être que certains d’entre eux vous suivent depuis tellement de semaines que vous n’en êtes plus ou à peine conscient.

Que faire si l’on est concerné ?

Si les symptômes mentionnés ci-dessus vous parlent, il est très fortement conseillé de consulter votre médecin. Seul lui pourra évaluer pleinement la situation et préconiser, si nécessaire, des mesures pour vous aider et vous protéger.

Le burn-out est une affaire de santé physique et mentale. Il peut durablement vous impacter, surtout s’il n’est pas traité correctement.
Consulter un professionnel de santé, si l’on a le moindre de doute, est crucial.

Arrêt de travail et burn-out : une issue qui fait peur

En cas d’épuisement professionnel, il est fréquent que le médecin préconise un arrêt de travail. Ce dernier peut être plus ou moins long et être renouvelé si nécessaire. Il est souvent difficile pour des personnes en burn-out d’accepter un arrêt de travail. Même si elles sont épuisées, s’arrêter semble impensable. Pourquoi ?

Être arrêté par un médecin signifie qu’il y a un problème. Se confronter à ce constat n’est pas toujours simple. Cela implique également qu’il va potentiellement falloir se faire aider et trouver des solutions pour que les choses changent. Cela peut sembler presque impossible à affronter – encore plus quand on est déjà dans une situation de souffrance.

Le deuxième point de crispation réside dans le fait de… s’arrêter, tout simplement. Quand on a le sentiment de crouler sous le travail et d’être déjà en retard sur tout, comment s’arrêter pourrait nous aider ? Les personnes ont souvent peur que cela empire une situation déjà très difficile et éprouvante pour elles. Mais il n’y a pas de secret : s’arrêter est parfois indispensable. Même si cela implique que certains dossiers ne seront pas traités. Ou décalés. Ou confiés à vos collègues.

Ce qui soulève un autre point d’inquiétude pour certains : s’ils sont arrêtés, cela va impacter leurs collègues. Parfois, la situation est tendue pour l’ensemble d’une équipe : quand vous savez que vos deux collègues travaillent déjà jusqu’à 20h30 tous les soirs, comment accepter qu’ils devront assumer en plus vos dossiers ? Comment ne pas ressentir de la culpabilité ? Comment ne pas avoir l’impression de les laisser tomber, voire de rompre votre solidarité.

Vous pouvez aussi être responsable d’une équipe et avoir l’impression de l’abandonner. De presque fuir vos responsabilités. Pire, parfois vous avez un stagiaire ou un apprenti à vos côtés : qui va s’en occuper si vous n’êtes pas là ? Qui va le former, lui confier des tâches et s’assurer qu’il se sent bien ? Encore une fois, il n’y a pas secret, ni de recette magique : il faut simplement accepter cette situation.

Vous n’êtes pas responsable. Un burn-out peut être provoqué par des causes multiples mais on retrouve, bien souvent, un dysfonctionnement au sein d’une entreprise ou d’une équipe. Ce n’est pas quelque chose que l’on peut résoudre seul.

Et les premières étapes sont toujours : consulter un médecin, se reposer.
Lorsque vous vous sentirez mieux, vous pourrez entamer un bilan de compétences pour réfléchir à votre travail, votre équilibre et votre carrière.

Le bingo du burn-out

Cochez-vous tous les numéros de l’épuisement professionnel ?
Des outils d’auto-évaluation existent pour faire un premier pas d’analyse de votre situation. Cela peut vous aider à prendre conscience de votre souffrance. Ce n’est toutefois qu’une première mesure : comme déjà indiqué, consulter un médecin est indispensable si l’on a le moindre doute. Seul un diagnostic médical, établi par un professionnel de santé, pourra véritablement vous aider.

Les outils que je vous présente sont donc à prendre avec précaution : ils sont à considérer comme des indicateurs – et, potentiellement, des déclencheurs. Ils sont là pour vous aider à identifier les signes du burn-out et vous encourager à en prendre conscience.
L’étape suivante et cruciale, je ne le répéterai jamais assez, est de consulter votre médecin.

Le site « Souffrance et Travail » propose un outil d’auto-évaluation élaboré par sa fondatrice, Marie Pezé, docteur en psychologie. Intitulé test de propagation du burn-out, il permet d’appréhender de très nombreuses facettes du burn-out et de sa progression (manière de travailler, stress chronique, engrenage, etc.).
Il ne calculera pas de score à la fin : n’hésitez pas à relire les items que vous avez cochés, à les compter, voire à les réécrire.

Le second outil est l’Inventaire de burn-out de Copenhague (Copenhagen Burnout Inventory, CBI). Créé en 2005 par des chercheurs danois, il prend en compte trois éléments : l’épuisement personnel, l’épuisement professionnel et l’épuisement relationnel. Vous pouvez passer le test de l’Inventaire du burn-out en ligne (disponible sur le site de Peter Cogen, psychothérapeute).
Si vous souhaitez en savoir plus sur cet outil, l’INRS (Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles) a présenté et analysé ce questionnaire dans une fiche dédiée.

Si les éléments révélés ou soulignés par ces tests viennent confirmer vos soupçons ou vos inquiétudes : bingo, c’est l’heure de vous rendre chez votre médecin.

Conclusion

L’épuisement professionnel s’exprime différemment chez chacun. Les premiers signes du burn-out sont généralement le stress et une grande fatigue physique et morale. D’autres viennent ensuite s’accumuler, plus ou moins vite : irritabilité, douleurs physiques, difficulté à se concentrer, etc.

Confrontées à ces signes, certaines personnes ont tendance à minimiser. À vouloir prendre sur elles. À penser que c’est leur faute, qu’elles ne font pas assez et assez bien. À se dire qu’elles doivent être plus fortes, plus résistantes. À croire qu’elles devraient mieux s’organiser et être plus efficaces.

Le burn-out n’est toutefois jamais un problème individuel : il est le résultat d’une situation globale complexe. Tenter de s’extirper seul de l’épuisement professionnel n’est pas une solution. Si vous avez le moindre doute, consultez un professionnel de santé.

Soutenu et accompagné, vous pourrez avancer et surmonter cette période difficile.

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