Vous voulez vous reconvertir. L’envie est là, l’idée aussi. Mais maintenant, c’est un peu la page blanche. Par où commencer ? Comment changer de vie et d’emploi ? Comment l’idée devient projet et plan d’action ? Bref, pour une reconversion professionnelle : comment faire ?
Armez-vous d’un cahier tout neuf ou de Word, et on y va : je vous livre les étapes à suivre pour entamer votre transition professionnelle en toute sérénité.
Valider et confirmer le projet
Ostréicultrice ou développeuse web, c’est bien beau sur le papier. Mais avant d’envisager de vous reconvertir, il faut vraiment comprendre le métier.
Connaître le métier
Première étape : étudier des fiches métiers. Vous en trouverez pléthore sur Internet : France travail, l’APEC, l’ONISEP, le CIDJ, etc. Chacune a ses spécificités. Celles de France travail donnent des indications précises sur le salaire et le taux d’emploi. Celles du CIDJ donnent, elles, des informations sur les parcours de formation. Je vous recommande donc d’en consulter plusieurs. L’objectif : récolter le maximum d’informations.
Je vous conseille de noter ce que vous apprenez. L’idée, c’est de pouvoir revenir facilement dessus après. Consignez les généralités mais aussi les éléments qui vous marquent tout particulièrement. Les changements et les contraintes par rapport à votre quotidien actuel doivent être interrogés. Vos premières questions et vos premiers doutes vont émerger. Vos premiers frissons d’enthousiasme aussi sûrement !
Portez une attention particulière aux éléments suivants :
Les missions
- Est-ce qu’elles vous plaisent ?
- Sont-elles conformes à l’idée que vous vous faites du métier ?
- Que vous disent-elles des conditions de travail ?
- Quel environnement de travail prédisent-elles ? Dans quel type d’entreprise ?
Les compétences
- Quelles sont les compétences attendues ?
- Quelles sont les qualités requises ?
- Quelles similarités avec les compétences que vous possédez déjà ?
- Quelles sont celles qui vous restent à acquérir ?
L’accès au métier et les débouchés
- Comment peut-on exercer ce métier ?
- Une formation spécifique est-elle nécessaire ?
- Si oui, quelles sont ces formations ? L’alternance est-elle possible ?
- Ce métier recrute-t-il beaucoup ?
- Dois-je m’attendre à être salarié ou vais-je devoir créer mon entreprise ?
- Quel salaire attendre ?
- Est-ce que je peux exercer dans toute la France ?
Imaginons que je sois chargée de communication à Marseille et que je souhaite devenir ostréicultrice.
A la lecture des fiches métiers, je vais par exemple noter spécifiquement :
- le lieu d’exercice : je m’en doutais déjà mais je vais manifestement devoir déménager (Marseille et les huîtres : pas un mariage heureux). C’est très important à avoir en tête, surtout si cela implique d’embarquer avec moi quelqu’un (mon conjoint, mes enfants, ma perruche) ;
- la composante physique : il est indiqué que le travail peut être très physique. J’aimerais savoir à quel point, car je n’y suis pas habituée et cela m’inquiète un peu ;
- le salaire : une ostréicultrice débutante touche le SMIC, ma rémunération actuelle va donc peut-être diminuer.
Enquêter
À ce stade, vous avez déjà pas mal d’informations. Et sûrement aussi beaucoup de questions. C’est le moment d’aller chercher des réponses ! Votre mission : enquêter auprès de professionnels. L’idée : obtenir des informations concrètes sur le métier visé et sur le quotidien des professionnels qui l’exercent.
Identifiez des personnes à interroger : cela peut être sur Linkedin, via votre réseau (personnel et professionnel), via le site Internet d’une entreprise ou même dans votre quartier. Vous pouvez aussi contacter des réseaux ou fédérations de professionnels, appeler des écoles ou des organismes de formation pour parler à leurs enseignants et leurs alumni.
Si je reprends mon exemple d’ostréiculture, je peux contacter :
- des fermes ostréicoles : peut-être qu’ils ne seront pas disponibles tout de suite mais accepteront que je les rappelle à un créneau où quelqu’un pourra me parler ;
- le Comité National de la Conchyliculture (organisation interprofessionnelle des cultures des coquillages) ;
- les établissements proposant le BTS agricole aquaculture.
Parlez-en aussi autour de vous. Vous serez surpris : bientôt, Jacques, votre voisin, vous parlera de son cousin ostréiculteur et Colette, la mère du petit Timéo, vous donnera le numéro de son amie d’enfance qui bosse dans une ferme d’huîtres.
Une fois la prise de contact faite, présentez-vous. Expliquez que vous réfléchissez à votre orientation professionnelle et que vous souhaitez en savoir plus avant de vous reconvertir.
A noter : vos enquêtes-métiers peuvent se faire par téléphone ou en face-à-face. Cela dépendra des personnes que vous sollicitez, de leur disponibilité et de leur localisation géographique.
Pendant cet entretien, à vous d’aborder :
- le métier : les missions, les aspects positifs et négatifs, les contraintes, etc.
- les conditions d’exercice : seul ou en équipe, localisation/région, déplacements, horaires, etc.
- les compétences et les capacités attendues
- les formations et les parcours, les possibilités pour évoluer
- les conseils sur le secteur, sur votre projet
C’est aussi le moment de poser toutes les questions que vous avez identifiées lors de vos premières recherches. S’il y a des choses que vous n’avez pas comprises ou que vous avez des doutes : partagez-les ! Écoutez attentivement les personnes et notez précieusement leurs réponses.
Si vous voulez recevoir un document avec plein d’idées de questions pour vos enquêtes-métiers, n’hésitez pas à me contacter. Je vous enverrai cela par email avec plaisir !
Faites plusieurs entretiens : on conseille généralement d’en faire au moins 5. Cela vous permet de multiplier les points de vue et les conseils. Chacun a une vision différente de son activité, surtout en fonction de ses appétences personnelles, de son employeur et de son expérience.
Comprendre et s’inspirer
C’est le moment d’approfondir ! Il est essentiel de valider votre intérêt et de bien comprendre le contexte socio-économique qui entoure votre (éventuelle) future carrière.
Pour cela, deux actions.
Exercice 1 : Lire pour s’inspirer
• Sélectionnez deux à trois ouvrages de référence sur le domaine que vous avez choisi (toujours dans mon exemple : je pourrais choisir « L’huître et l’ostréiculture en France ») .
• Réservez une plage de temps pour lire et fixez-vous un objectif (ex. : « Je prends une demi-heure sur ma pause-déjeuner, deux fois par semaine, afin de pouvoir terminer un livre en un mois »).
• Observez vos réactions : vous avez hâte de commencer le prochain chapitre ? Vous vous endormez à chaque page, qu’il soit 10h du matin ou 23h ? Vous avez envie de raconter autour de vous tout ce que vous apprenez ?
L’avantage de cet exercice, c’est qu’il est simple à mettre en place. Vous pouvez emprunter un livre à la bibliothèque, l’acheter en format papier ou numérique, lire pendant les transports ou le matin avec votre café, etc.
Votre intérêt pour cette voie se confirmera (ou pas ?) avec cet exercice. En tout cas, il permettra de nourrir vos réflexions.
De nouveau : n’hésitez pas à prendre des notes sur ce que vous apprenez, ce qui vous intrigue, ce qui vous emballe.
Exercice 2 : Comprendre un secteur et un marché
• Cherchez et sélectionnez plusieurs sources d’informations sur la thématique choisie : revues spécialisées, sites internet, podcasts, newsletters, chaîne Youtube, etc.
• Débutez une veille régulière sur le sujet
• Consultez les offres d’emplois régulièrement (mettez des alertes)
Cela vous permettra de vous imprégner des réalités et des enjeux du secteur. Vous en découvrirez aussi, petit à petit, les défis ou les opportunités. Par exemple : l’ostréiculture est particulièrement impactée par le réchauffement climatique. Réfléchir aux conséquences sur le métier et à son évolution est indispensable.
Cela vous donnera aussi des indicateurs précieux sur le marché du travail (nombre d’offres publiées, compétences recherchées, salaire et type de contrat proposés, etc.).
Et, toujours : notez vos remarques.
S’essayer
Vous pouvez tester un métier grâce aux Immersions facilitées. Dispositif de l’État accessible à tous, il permet de faire l’équivalent d’un stage non rémunéré. Vous êtes plongé dans le quotidien d’un professionnel et travaillez à ses côtés, tout en bénéficiant d’un cadre pour vous protéger.
Je vous encourage vivement à tester : c’est la dernière brique pour s’assurer que le métier vous va comme un gant !
Pour tout savoir, je vous invite à lire mon article sur les Immersions facilitées : il détaille tout ce que vous avez besoin de savoir.
Reconversion professionnelle : comment faire ?
Faire le bilan
Reprenez toutes vos notes. Plongez-vous sur le chemin parcouru et vos démarches : les livres lus, les personnes rencontrées, les informations trouvées.
Qu’en ressort-il ? Comment vous sentez-vous ? Êtes-vous prêt à faire un choix ?
En bilan de compétences, avec mes clients, nous faisons à ce moment-là un grand état des lieux. On récapitule tout, on s’assure qu’on a tous les éléments dont on a besoin. On regarde en face les éventuels problèmes. On pondère les points négatifs et les positifs. Si vous abordez cette phase seul, rappelez-vous : l’objectif, c’est que tout soit très clair. Dressez un bilan : sous forme de tableau, de liste, de compte-rendu écrit, etc. Peu importe la forme : il faut que ça vous parle et que ce soit complet. Laissez reposer un peu si nécessaire. Êtes-vous toujours (et encore plus) convaincu ? Êtes-vous prêt à vous reconvertir ?
Si oui, parfait : c’est l’heure du plan d’action !
Dessiner la carte au trésor
Votre objectif, c’est donc de décrocher un poste d’ostréicultrice (ou de créer votre fromagerie – vous avez l’idée). Vous avez la destination finale : il faut maintenant découper le chemin pour y arriver. Une reconversion réussie, c’est surtout une reconversion bien préparée.
Votre feuille de route dépendra bien sûr de votre situation. Pour que la tâche semble plus abordable, adoptez la technique des petits pas. Par exemple, au lieu de dire « je dois me former à la rentrée », détaillez. Vous pouvez prévoir :
- semaines 1 et 2 : appeler les 4 écoles identifiées
- semaine 3 : comparer les programmes et sélectionner une formation
- semaines 4 et 5 : contacter des alumni de l’école pour confirmer le choix
- semaine 6 : s’informer sur les financements possibles
- semaine 7 : remplir le dossier d’inscription et les demandes de financement
- semaine 8 : préparer son cartable 🙂
Plus votre plan d’action sera complet, plus il vous aidera à avancer efficacement.
N’oubliez pas : il existe de nombreux dispositifs et financements pour accompagner les évolutions professionnelles. Certains peuvent faciliter votre projet et votre reconversion. Je vous invite, si vous êtes salarié en CDI, à regarder notamment mon article sur Démission-reconversion. Ce dispositif permet aux personnes ayant un projet reconversion nécessitant une formation de disposer des allocations chômage grâce à France Travail (ex-Pôle emploi). Votre CPF (compte personnel de formation) peut également vous aider à financer une formation. Bref, vous pouvez bénéficier de nombreux outils et ressources : cela serait dommage de s’en priver.
Dernier point : si vous devez quitter votre emploi, ne le faites pas trop précipitamment. Assurez-vous de le faire au moment le plus opportun pour vous. Certains dispositifs de financement nécessitent par exemple de ne démissionner qu’après une validation de dossier ou après avoir vu un conseiller en évolution professionnelle (CEP). Si vous avez besoin d’informations pour préparer votre départ, n’hésitez pas à vous tourner vers le Code numérique du travail. Cet outil gratuit de l’État vous permet, par exemple, de calculer la durée de votre préavis de fin de contrat et vous propose un modèle de lettre de démission. Pour en savoir plus, n’hésitez pas à consulter mon article.
À l’abordage !
Et maintenant… il faut vous lancer ! Une reconversion professionnelle, c’est long. Le chemin vers votre nouvelle vie ne sera pas forcément simple tous les jours. Vous aurez des (très) hauts et sûrement des bas. C’est normal. Les étapes vous semblent sûrement nombreuses aujourd’hui mais rassurez-vous : vous prendrez aussi du plaisir en chemin.
N’oubliez pas, également, de vous préserver. Vous avez sûrement déjà une vie bien remplie à côté de votre projet (un travail, une perruche à nourrir, une famille) : n’oubliez pas d’en profiter et de vous reposer.
Conclusion
Une reconversion professionnelle ne se fait jamais dans la précipitation. Changer de vie et se lancer dans quelque chose de nouveau, cela se réfléchit. Deux étapes sont indispensables pour une reconversion réussie : bien analyser le métier qui vous fait rêver, puis dresser un plan d’action efficace. Cela prend du temps, mais rassurez-vous : si votre projet est le bon, ce sera toujours le cas dans 6 mois ou 2 ans !
Vous voulez vous reconvertir et mettre toutes les chances de votre côté pour réussir ? J’accompagne, en bilan de compétences, des personnes avec des projets très variés : n’hésitez pas à me contacter !