Manque d’ambition : vie ratée ou sérénité ?

Ah, la fameuse ambition. La réussite. La grande carrière. Aujourd’hui, on les mesure souvent à des indicateurs discutables : le quota d’heures supplémentaires, le nombre de responsabilités, le salaire, la taille de l’équipe que l’on manage. Pour les plus aventuriers, on prend aussi en compte le nombre de déplacements dans le mois et si le titre du poste est bien en anglais (car oui, « directeur financier » n’a pas, pour certains, le même panache qu’un pimpant Chief Financial Officer – CFO pour les intimes). Mais si on ne veut pas de tout ça, est-ce vraiment qu’on manque d’ambition ? Est-ce qu’on est en échec professionnel et en train de rater sa vie ? Ou est-ce simplement une forme de pression sociale ?

Dans cet article, je vous parle de la valeur travail et des multiples formes de l’ambition (parce que non, il n’y a pas qu’une seule manière de réussir). Comme d’habitude, je ne vous laisse pas seul avec vos constats : je vous propose aussi des idées pour sortir des cases et construire une réussite qui vous ressemble.

La valeur travail

Tu ne vas pas partir à 17h30 ?

Stupeur et incompréhension : il est 17h30 et vous venez d’oser mettre votre manteau pour rentrer chez vous. Vous allez déjà partir, vraiment ? Suivant les secteurs, vous aurez même droit à un piquant « alors, tu as pris ton après-midi ? » (oui, oui, certains prononcent cette phrase sans honte).
Aujourd’hui, de nombreuses personnes valorisent le fait de travailler beaucoup. Être constamment débordé, rester tard au travail, ne même plus prendre le temps de déjeuner sont, à leurs yeux, des indicateurs de réussite.

Si c’est votre cas et que cela vous convient : tant mieux. N’oubliez pas, quand même, de vous arrêter de temps en temps : c’est essentiel. Pour le moral, l’énergie, la créativité. Et pour, accessoirement, éviter de foncer droit vers un burn-out.

Le problème, c’est surtout d’estimer que beaucoup travailler, c’est la norme. Que c’est le minimum. Que c’est un gage de professionnalisme et de sérieux. Et qu’il n’y a pas d’autre bonne manière de faire. Un jour, un client en bilan de compétences m’a dit « si je finis à 17h30, mes amis se moqueront de moi, eux ils finissent tous à 20h » (Jacques, si vous me lisez : j’espère qu’il est 18h et que vous êtes à la natation ou chez vous à jouer au tarot.). Faire de sa vision du travail une vérité générale : là est le problème.

Ambition et comparaison

Dans un monde où l’on valorise le « toujours plus », il est difficile d’échapper à la tentation de se comparer. Qui n’a jamais jeté un regard furtif autour de soi pour mesurer ses efforts à ceux des autres ? On compare tout : les heures passées au bureau, les responsabilités, la pression sur les projets. Même les verres entre copains finissent en concours de « qui a les enfants les plus éveillés » ou « qui se prépare à un marathon cette année ». Mais se comparer, c’est souvent une pente glissante.

Déjà, parce que les règles du jeu ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Celui qui reste tard au bureau pour briller peut peut-être se le permettre parce qu’il n’a pas d’autres contraintes. Celui qui se vante de son poste haut placé est peut-être entré dans l’entreprise grâce au meilleur ami de son père. Celle qui poste des succès éclatants sur les réseaux ne partage pas forcément ses peurs ni ses échecs.  Et pourtant, on continue à se mesurer à ces standards biaisés, en oubliant que chacun avance avec ses propres réalités.

Enfin, cette comparaison constante nous détourne de l’essentiel : nos propres ambitions. À force de regarder ce que les autres font, on oublie de se demander ce que nous voulons vraiment. Pourquoi se conformer aux attentes des autres si elles ne reflètent pas nos priorités ? L’ambition, ce n’est pas une médaille qu’on décroche en suivant les règles des autres. C’est un moteur personnel, façonné par nos valeurs et nos priorités.

L’ambition : une seule définition ?

Les ambitions : multiples et personnelles

L’ambition est souvent présentée comme un concept unique. On l’associe généralement à gravir les échelons, avoir des responsabilités, un salaire conséquent, manager une équipe. En somme : une vision très classique et très linéaire de la réussite. Très limitée aussi.

L’ambition, pourtant, peut prendre des formes variées. Cela peut être, tout simplement : être un bon professionnel et produire un travail de qualité. Réussir ça, c’est déjà finalement beaucoup : il y a un bon paquet de personnes qui n’y arriveront jamais (on en connaît tous). Précisons aussi que l’ambition peut être professionnelle comme personnelle.

Vous avez envie de devenir la référente du logiciel Archicad de votre entreprise, celle qu’on sollicite dès que l’on a un problème ou une question ? C’est de l’ambition.
 Vous souhaitez accueillir régulièrement des stagiaires et bien les former, leur transmettre ce que vous savez ? C’est de l’ambition.
 Vous voulez réussir à conjuguer travail et vie personnelle ? C’est de l’ambition.
 Vous aimeriez faire la meilleure tarte aux pralines roses de tout le quartier ? C’est de l’ambition.
L’ambition, ce n’est pas nécessairement occuper un poste prestigieux. Pas non plus forcément avoir un métier qui a du sens. Et encore moins toujours aller plus haut, plus loin : vous avez le droit de ne pas avoir envie de sortir de votre zone de confort.

Enfin, rappelons que le mot ambition a lui-même deux définitions. Selon le Larousse, l’ambition, c’est le désir ardent de gloire, d’honneurs, de réussite sociale mais aussi le désir ardent de posséder quelque chose, de parvenir à (faire) quelque chose. Alors, la prochaine fois que vous vous apprêtez à dire « je ne suis pas ambitieux », arrêtez-vous. Vous avez bien des ambitions : elles sont juste à votre image. Et peu importe si elles ne correspondent pas à celles de vos anciens copains d’école de commerce.

Le fameux manque d’ambition : pourquoi c’est enfermant 

Votre collègue dit fièrement qu’il ne supporte pas les gens qui partent toujours à 18h pile, pressés de rentrer chez eux. Franchement, un manque de motivation pareil, il ne comprendra jamais ! Autour de vous, on hoche la tête, empressé de confirmer qu’on fait partie du même groupe que lui : les engagés, ceux qui bossent sans compter les heures.
Mais quelle fierté, quel honneur dans le fait de travailler plus qu’on ne le doit ? Et, surtout, quel droit à juger ceux qui ne le font pas ?

Penser qu’on doit toujours donner plus, c’est aussi souvent le luxe de ceux qui ont un travail confortable. En effet, dans une société qui glorifie les « grands objectifs », qu’en est-il de ceux qui n’ont pas les mêmes opportunités ? Les choix de vie ne sont pas toujours libres. Les discriminations, les contraintes financières et familiales ou encore un manque d’accès aux études supérieures limitent les options de beaucoup de personnes. Pourtant, les métiers invisibles ou peu valorisés sont également occupés par des individus avec leurs propres ambitions. Avoir conscience de cette réalité, c’est aussi repenser ce que l’on considère comme une vie « réussie ». Car chaque métier et chaque rôle dans la société a une utilité.

Se libérer de cette vision enfermante, c’est redonner du sens à ce que l’on fait, quelle que soit la case dans laquelle on pense se trouver. Parce que réussir, ce n’est pas toujours être le premier. C’est, parfois, simplement être à sa place – et se sentir bien, là où on est.

Se réaligner pour la sérénité

Revoir ses valeurs

Face à ces constats, comment bien vivre son quotidien ? Comment, finalement, définir ses ambitions pour pouvoir en être fier et les vivre pleinement ?
Vous pouvez commencer par un travail sur vos valeurs, pour identifier ce qui compte vraiment.

Exercice : Mes valeurs, mes ambitions

1. Prenez un moment pour réfléchir à ce qui compte vraiment dans votre vie. Qu’est-ce qui vous guide au quotidien ? Qu’est-ce qui vous anime ? Qu’est-ce qui est indispensable ? Par exemple : l’honnêteté, passer du temps avec votre famille, vous dépasser dans vos entraînements, faire de l’aquarelle, etc. Laissez venir les idées sans trop réfléchir.

2. À partir de cela, établissez une liste de valeurs qui vous semblent importantes. Par exemple, « se dépasser dans le sport » pourra être associé au dépassement, à la persévérance ou encore à l’esprit de compétition.
Si vous avez du mal à cerner vos valeurs, n’hésitez pas à m’écrire : je vous enverrai une liste pour vous aider.

3. Réduisez cette liste à 8 valeurs principales. Choisissez celles qui résonnent le plus avec votre vie actuelle et vos aspirations.

4. Pour chacune des 8 valeurs, décrivez ce qu’elle signifie pour vous. Utilisez une phrase courte, claire et concrète.

Au lieu de viser les ambitions toutes faites des autres, plongez maintenant dans les vôtres. Vos valeurs orientent vos ambitions. Est-ce que les valeurs repérées dans l’exercice sont satisfaites aujourd’hui dans votre vie ? Si non, quelles actions pourriez-vous entreprendre pour leur donner plus de place ?

Le bilan de compétences pour mieux vivre ses ambitions

Pour approfondir cette démarche, pensez au bilan de compétences. Malgré son nom, on n’y parle pas que de compétences. Ce n’est pas seulement faire l’inventaire de ce que vous savez faire, c’est aussi explorer ce que vous voulez vraiment faire. Pourquoi continuez-vous sur cette voie ? Est-ce encore aligné avec vos envies et vos valeurs ? Quels sont vos envies et vos rêves laissés de côté ? 

Concrètement, en bilan de compétences, nous prenons le temps d’explorer vos valeurs, vos aspirations, vos forces et vos besoins. Pas simplement pour décrocher un nouveau poste mais, plus globalement, pour construire une vie professionnelle (et personnelle) où vous vous sentirez à votre place. 

Si vous avez l’impression d’être un peu perdu, de tourner en rond ou de ne plus savoir ce que vous voulez, ce n’est pas une fatalité. C’est juste un signal qu’il est temps de s’arrêter, de réfléchir et de repartir avec des idées claires. Et c’est exactement ce que permet un bon bilan de compétences. Je ne vous dirai jamais quoi faire, ni où aller. Je ne vous ferai pas rentrer dans un moule ou suivre des ambitions qui ne sont pas les vôtres. Mon objectif, c’est de vous aider à retrouver confiance en vous et en vos choix. A tracer une route qui vous ressemble.

Conclusion

L’ambition et la réussite n’ont pas une définition unique. Ce n’est pas forcément spectaculaire, ce n’est pas toujours un poste prestigieux ou passer ses soirées au bureau. L’ambition, ce n’est pas de remplir les cases des autres, c’est de cocher les vôtres. Et pour cela, pas de secret : il faut être aligné avec vos valeurs et vos envies.

Et si, en ce moment, vous avez l’impression que vos ambitions sont floues ou qu’elles ne vous ressemblent plus, il est peut-être temps de faire une pause. Pas pour tout remettre en question, mais pour redessiner les contours. Parce que, parfois, le meilleur des objectifs, c’est simplement de se sentir bien, là où on est.

Besoin d’aide pour y voir plus clair ? Je vous accompagne. Pas pour vous dire quoi faire, mais pour vous aider à retrouver vos propres repères. Un bilan de compétences, c’est choisir d’avancer dans la bonne direction plutôt que de continuer à courir pour rien.

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